Et si on faisait un bébé?

Cette question, avec mon homme on se l’est posé il y a 7 ans déjà….

Pour la majorité des couples c’est une envie normale. Après quelques mois voir quelques années le désir de bébés est comblé pour la majorité mais il existe cette petite partie, dont malheureusement nous faisons partie, qui attendent et qui continuent d’attendre…

En mai 2007, nous nous sommes mariés et nous avons eu rapidement envie de faire un bébé. Nous avons su très vite que les choses n’allaient pas être aussi simple que pour la majorité des couples. Un diagnostique est très vite tombé, Monsieur a une azoospermie ce qui signifie que ses spermatozoïdes sont fainéants et mal formés quant à moi je suis OPK ce qui signifie Ovaire polykistiques en résumé mes ovaires ne fonctionnent pas bien. Alors oui, j’ai l’avantage de n’avoir mes règles qu’une à deux fois par an; ça c’est cool, je l’avoue. Mais est ce que les économies en protections périodiques valent le coup de la souffrance et des inconveniants? Je vous assure que la réponse est NON.

Il y a eu la batterie d’examens pour poser ces diagnostiques, il y a eu le doute, la culpabilité, les rendez vous médicaux. Je crois que le fait d’avoir tous les deux des problèmes c’est un avantage. Je m’explique: Oui, notre situation est encore plus compliquée que pour les couples qui entrent en PMA avec une seule pathologie mais du coup il y a aussi moins de culpabilité et aucune chance que l’un en veuille un peu à l’autre en cas d’échecs…

Notre première FIV c’était début novembre 2009. Aprés le transfert de l’embryon, le résultat de la prise de sang était positif mais faible, la deuxième était parfaite, on était aux anges, heureux et puis fin décembre tout s’est effondré, à l’échographie il n’y avait plus rien. En février 2010, j’ai fait un AVC alors avec du recul on se dit que c’était mieux ainsi.

Par la suite, il y a eu des complications, des opérations, des traitements médicaux, des tonnes de choses qui ont fait que ça a pris du temps et puis pour la FIV n°2 ce fut très très compliqué, il y a eu 5 traitements pour enfin aboutir en  novembre 2013 au prélèvement (je vous explique après) et au final cela n’a rien donné. Depuis nous sommes en pause PMA et ce n’est pas à notre programme pour le moment puisque suite à ma sleeve il faut attendre entre 18 et 24 mois avant de tenter une grossesse.

Et oui, si aujourd’hui, je vous parle de tout cela c’est parce qu’une amie m’a demandé vendredi de lui expliquer ce qu’était une FIV ( 😉 à la miss Melody) et comme c’est une question qui revient parfois je me suis dit, pourquoi pas ne faire un article. Oui, pourquoi pas!

Dans mon blog je vous parle de cosmétiques, de sleeve, de ce que j’aime ou qui me touche, de ce qui fait partie de moi et bien ce parcours fait partie intégrante de moi. Et malheureusement, je ne suis pas la seule à avoir recours à la PMA . Alors, je me suis dit que puisqu’en ce moment j’ai la chance d’être déconnectée de tout ça, de l’espoir, du doute et de la souffrance engendrés par la PMA , j’allais tenter de vous résumer un peu la situation et de répondre aux questions que vous n’osez peut être pas posé à vos proches qui suivent ce parcours du combattant.

 

Il existe plusieurs types de PMA (–> Procréation Médicalement Assistée) et je ne prétendrais pas tous les connaitre puisque pour ma part je ne connais que la FIV ISCI (–> Fécondation Médicalement Assistée avec Injection intra-cytoplasmique) Cette technique consiste à injecter un spermatozoïde directement dans l’ovocyte. Cette micro-injection est faite sous un microscope extrêmement puissant avec un dispositif de grande précision.

Mais avant cette étape qui se passe en labo il y a tout le reste!

Je vais vous détailler notre parcours mais il faut savoir que chaque cas est différent. Notre protocole est un protocole long:

  • Avant de commencer chaque traitement de FIV, Monsieur doit faire un nouveau spermogramme, pour notre cas c’est un spermogramme qui implique un test de migration survie c’est à dire qu’il teste le nombre mais aussi la “qualité”, la mobilité et la forme des spermatozoïdes, pour moi c’est un prélèvement vaginal et pour nous deux un bilan sanguin.
  • Ensuite, mon traitement commence par un médicament qui va déclencher mon cycle. Je prends ce comprimé matin et soir pendant 10 jours. Environ 5 à 6 jours, après la prise du médicament mes règles débarquent et là il me faut appeler ma gynéco des le premier jour afin d’obtenir mon rdv pour le traitement.
  • Au 20 eme jour du cycle, j’ai une piqûre en intramusculaire d’un produit qui va bloquer toute ovulation, qui mets les ovaires au repos. Puis on attends entre 15 et 20 jours
  • Arrive ensuite la première échographie et la première prise de sang qui vont permettre de vérifier que le repos forcé des ovaires a bien fonctionné.
  • Si le blocage a bien fonctionné les piqûres quotidiennes commencent le soir même. A heure fixe, chaque soir, je m’injecte moi même (car je trouve cela plus pratique) une piqûre en sous cutanée pendant 5 jours.
  • La première échographie et la première prise de sang de contrôle ont lieu au terme de ces 5 jours, le matin avant 9h00. Ces échos de contrôles ont pour but de vérifier que des ovocytes sont en train de mûrir ainsi que leur nombre. La prise de sang quant à elle vérifie la réponse hormonale aux traitements. Ce jour là, on programmera également le rdv avec l’anesthésiste et la pré-inscription à la clinique. Au besoin l’arrêt de travail  débutera ce jour là. Cependant, dernièrement une avancée dans la loi protégeant les couples en PMA permet de s’absenter de son lieu de travail pour procéder à tous les examens nécessaires.
  • Ensuite, les piqûres continuent chaque soir et les contrôles :prise de sang et échographies sont tous les 2 jours. Aprés chaque écho, on dépose les résultats à la secrétaire de la gynéco afin que celle ci en prenne connaissance pour nous contacter par téléphone vers 14 h afin de nous indiquer la dose de traitement à injecter le soir même.
  • Et puis, on continue ainsi pendant environ 15 jours. Parfois les échographies sont tous les jours, parfois les veines au creux du coude pètent à cause des nombreux prélèvements et on finit par être piquée dans la main mais chaque jour, chaque piqûre , chaque échographie, chaque prise de sang, nous rapproche de notre rêve .Oui, car je peux vous le dire, à ce stade là, on n’a plus envie d’un enfant, on en rêve!
  • Et puis un jour l’appel de 14H nous annonce la phrase magique “on déclenche” Là, on se dit que c’est une nouvelle étape de franchie. On doit trouver une infirmière pour nous piquer en intra musculaire le soir même pour 21H. Cette nouvelle piqûre “donne” l’ordre aux ovaires de “relâcher” les ovocytes.
  • Le lendemain, c’est le grand jour de la ponction. On entre à la clinique à 7H à jeun. Monsieur reste avec nous jusqu’au départ au bloc. Là, c’est sous anesthésie générale que la gynéco de service PMA prélèvera les ovocytes qui sont à maturité.
  • Pendant le passage au bloc de madame, monsieur descend au labo munit des deux cartes d’identité pour faire le dépôt de spermes.
  • Aprés le retour en chambre, il faut attendre le passage de notre gynéco qui nous annoncera le nombre d’ovocytes prélevés et puis après une petite collation on peut rentrer à la maison et laisser la magie opérer au labo. Parfois le prélèvement laisse place a des douleurs parfois non.
  • La longue attente commence.  Le labo nous appelle pour nous informer du nombre d’ovocytes qui sont fécondes et c’set ainsi chaque jour… Chaque fois que le téléphone sonne  le matin on stress, on se demande si les nouvelles seront bonnes ou non. Le nombre de possibilités diminuent chaque jour un petit peu et on croise les doigts.
  • A j5 de la fécondation, s’il y a lieu (c’est à dire s’ils sont de qualité) le transfert des embryons a lieu. Cela peut être fait à j3 selon les cas.
  • Et là, commence la nouvelle attente, 12 jours qui seront tellement longs, ponctués de stress, de doutes, d’espoir…
  • Le verdict tombe parfois avant la fin de ces 12 jours par l’arrivée d’un cycle qui met fin à toute possibilité. Mais dans tous les cas cela se solde par une prise de sang qui fait tomber le couperet.

 

Comme vous avez pu le voir, le parcours est assez long, il y a des tonnes de piqûres, de prises de sang et d’examens mais le plus horrible je peux vous l’assurer c’est l’avalanche d’émotions. On souffre, on espère, on a peur, on stresse, on désespère. Chaque échecs nous fait penser que jamais on ne remplira la chambre que l’on garde pour le bébé, qu’on achètera toujours les doudous pour les copines..

Et puis on laisse passer quelques semaines, parfois quelques mois voir même quelques années et on se relance avec le même espoir, le même stress, les mêmes peurs….

En France, le plus souvent c’est 4 tentatives de FIV qui sont prises en charge par la sécurité sociale. Inutile de vous dire que sans cette prise en charge peu de couples pourraient se permettre de “se payer” une FIV car entre le coût des traitements et des différents examens c’est plus de 5000€ à chaque tentatives.

Voilà, je crois que j’ai résumé ce long et tortueux parcours. Si vous avez des questions n’hésitez pas!

Je voudrais juste terminer par quelques conseils si vous avez des proches dans ce parcours:

  • Arrêtez de dire ou de répétez “oh mais tu sais c’est dans la tête” NON quand on est en PMA il y a un diagnostique et le plus souvent ce n’est pas dans la tête mais dans les ovaires, l’utérus ou dans les testicules et parfois dans les 3!
  •  N’essayer pas de leur remonter le moral en leur racontant l’histoire de  la fille de l’amie de la cousine de la sœur de la voisine qui ne pouvait pas avoir de bébé et qui une fois toute les tentatives de FIV passées est tombée enceinte. On connait toute cette histoire et je vous assure on l’a entendu 1000 fois déjà et ça n’a rien changer à notre espoir en ce qui concerne NOTRE histoire.
  • Ne prononcez jamais la phrase “Tu y penses de trop” car là, la colère monte je vous assure. Vous avez lu le parcours. Vous avez compris qu’en FIV on compte chaque jour car à chaque jour correspond un examen, un traitement… Vous avez compris hein? On ne peut pas ne pas y penser!
  • N’ayez pas peur d’annoncer votre grossesse mais sachez que nous ne sommes pas responsable de nos émotions et de nos réactions. Évitez les SMS  par exemple. Mon ancienne meilleure amie m’a lancé un SMS “Au fait tu vas être tatie” Je vous assure que je l’ai très mal pris. Pas le fait qu’elle soit enceinte avant moi, alors qu’elle ne connaissait son homme (que je lui ai présenté  😉 ) que depuis quelques mois. Non, c’est la banalité et le coté impersonnel  de son SMS, ce jour de juillet que je n’ai pas compris et j’ai pleuré. Il y a eu aussi cette annonce larmoyante de ma cousine qui pleure en annonçant sa grossesse et qui par la suite publie  des tonnes de statuts facebook en se plaignant de son état de femme enceinte . Là pas de larmes mais une colère et un sentiment d’irrespect total! Et il y a aussi les annonces qui font verser des larmes de joie: la première grossesse de ma sœur ou l’annonce de mon petit frère tout gêné et stressé de me dire que j’allais être tatie… Il y a celles que l’on redoutent, celles pour qui on culpabilisent. Pour la culpabilité, j’ai l’exemple de ma belle sœur à qui je disais 15 jours avant son annonce que j’allais mal le prendre quand elle m’annoncerait sa 2 eme grossesse, je lui disais cela alors qu’elle même se savait enceinte. Qu’est ce que je m’en suis voulue même si effectivement cette annonce là m’a beaucoup fait pleurer (pardon ma lili) Et il y a les annonces maladroites, là, je ne peux pas m’empêcher de sourire en pensant à ma Sandra qui m’envoie une photo de son test de grossesse pour me demander mon avis. je peux l’avouer aujourd’hui, je lui en ai voulu et j’ai beaucoup pleurer ce matin là. Il y a aussi les joies maladroites que l’on ne parvient pas à partager là je pense à ma maman qui me montre fièrement une échographie de ma belle sœur où je n’ai aucune envie de jeter un œil ce jour là. Ne nous en voulez pas!!!! On est heureuse pour vous, ce n’est pas de la jalousie non même pas  de l’envie mais  on ne peut pas savoir à l’avance comment on va réagir et on ne sait même pas expliquer ou nommer ce sentiment qui nous envahi et qui fait couler nos larmes…
  • Oh et une dernière chose, si on ne vous rends pas visite à la clinique ce n’est surement pas que l’on ne pense pas à vous non c’est peut être juste parce que le jour de notre visite, doudou et cadeaux en main on est resté en bas devant la porte de l’ascenseur effondrée en larmes et que l’on a pas réussie à monter….

 

Pour finir je partage avec vous cette chanson de Charlotte Marin qui résume tellement bien tout ça:

 

3 thoughts on “Et si on faisait un bébé?

  1. Trop jolie cette article ma julie… Je suis sur qu’une mini julie ou un mini Ludo finira par remplir votre vie de bonheur ❤️ Je veux pouvoir faire te faire une chouette Baby shower hein et aussi venir t’apporter des chocolats à la maternité, sans parler de chouchouter ce petit bout … Bref j’y crois et vous serez tellement des parents au top ❤️
    Vous y arriverez même si ça prend du temps … Gros bisous rempli d’amour

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *